Du sang-froid les amis, du sang-froid (la pharmacie)

Je vous donne dans ce titre la clé pour préserver votre santé mentale une intégration réussie chez nos copains les Américains.

Certes, à New York, tout est simple et c’est le paradis du service: les courses livrées jour et nuit à domicile, le pressing qui passe récupérer les chemises chez vous et vient vous les rendre toutes belles dans la journée, les manucures/ pédicures à $25 en bas de chez soi, etc.

Mais il y a aussi le côté obscur de New York. Qui s’appelle les Etats-Unis, en fait. Profiter des bons côtés de New York c’est une chose, mais il ne faut jamais, jamais oublier qu’on est aux Etats-Unis. Ou Sinon gare au pétage de plombs.

Je vous passe l’épisode de la douane parce que vous l’avez probablement déjà vécu, ou vous en avez déjà entendu parler, et puis après tout c’est la douane, les douaniers on ne peut pas vraiment leur en vouloir, c’est leur job d’être bornés, paranos et de poser des questions cons. En bref, quand on arrive devant le douanier, on sait à quoi s’attendre, on ne fait pas de blague, on répond aux questions cons et on attend le coup de tampon pour se barrer vite fait.

Mais on ne s’attend pas à retourner au Moyen-Age quand on va à la pharmacie, par exemple.

En France, on tend l’ordonnance, on tend sa carte vitale, le pharmacien se retourne, va farfouiller 5 minutes dans un tiroir, et zou, c’est réglé.

Pas aux Etats-Unis. Munie de mon ordonnance, je rentre dans la pharmacie (enfin, je rentre dans un drugstore, si je veux je peux m’acheter des chips et un paquet de clopes), et je me dis cool, il n’y a que 2 personnes qui attendent et une armée derrière le comptoir (4 employés au bas mot).

Sauf que sur les 4 personnes derrière le comptoir, il n’y en a qu’une qui s’occupe des gens qui font la queue. Les autres s’affairent (lentement, hein, et si possible ensemble pour faire baisser le taux de productivité) autour d’un ordi, d’un tiroir, d’une étagère de médicaments. On se croirait dans le sketch des Inconnus à l’hôpital St André. Je patiente poliment (je n’ai pas le choix), j’autorise mini miss blabla à jouer avec tous les baumes lèvres à sa hauteur (on occupe les enfants comme on peut dans un drugstore), je re-patiente poliment. 20 minutes plus tard c’est mon tour, je tends mon ordonnance et ma carte de couverture médicale et sans rien comprendre à ce qui m’arrive je tombe en plein questionnaire de Gestapo. Rapport au fait que mon assurance elle est internationale et donc inconnue, et ca ils aiment pas, les Américains, les gens qui ont des assurances inconnues. Le mec au comptoir passe 10 coups de fil à l’assurance, sans succès. Me redemande mon adresse, mes 3 prénoms, et duplique toutes les questions pour Mister Blabla qui est le vrai assuré sur la carte (moi je ne suis que la femme de).

Bon je fous un peu la merde dans la pharmacie et derrière moi ca râle. Je fais la sourde, de toutes les façons j’ai presque fini, le mec a laissé tomber les coups de fils à l’assurance.

Le mec me dit un truc que je comprends pas sur un ton que je comprends très bien, le ton « J’en ai fini avec vous ».

Qu’est-ce qu’il raconte ce relou, je veux mon médoc moi, ca fait ¾ d’heure que je suis là.

« Sorry, what? »

« It will be ready in 45 minutes. »

« What 45 minutes? »

« You can come back in 45 minutes! » me répond le relou un peu excédé après avoir répété 3 fois la même chose.

QUOI? Je dois revenir dans 45 minutes pour récupérer une boite de médocs? Non mais ils sont pas bien ici. Je me barre (j’ai pas le choix).

Et bien sûr, quand je reviens, il y a 5 personnes devant moi, je repasse le questionnaire de l’assurance (je vous ai dit qu’ils aimaient pas ca, les assurances bizarres ?), et je repatiente 1/2 heure dans la pharmacie avant de ressortir avec ma précieuse boite de médicaments. Qui se présente dans un tube en plastique orange avec un gros bouchon en plastique blanc, comme dans les films, quand ils se cachent aux toilettes pour gober leur valium/ caféine/ drogue diverse et variée qui leur permet de sauver la face/ leur job/ le monde. Donc en fait, pendant que je tournais en rond dans le quartier, 4 abrutis au cerveau de poule comptaient 10 pilules (NE JAMAIS donner une pilule de plus que sur l’ordonnance) en provenance d’une grosse boite pour les mettre dans une petite boite.

J’étais à deux doigts de me faire le tube en entier tellement j’étais énervée. Mais je n’avais pas encore vécu une virée à la poste. (bientôt, sur le blog, promis).

PS: vous remarquerez cette très belle photo, composition réalisée par Mister Blabla qui venait de passer également plus d’une heure à la pharmacie. Il voulait un truc genre « Marylin Monroe ».

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4 Commentaires

Classé dans ils sont bizarres ces Americains

4 réponses à “Du sang-froid les amis, du sang-froid (la pharmacie)

  1. Annie

    Je me régale à lire votre blog! c’est hilarant!

  2. Alex

    Et sinon, c’est quoi le truc genre « à la Marylin Monroe « ?
    🙂

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