Archives mensuelles : juin 2010

On n’arrête plus les blablatages

Parce que maintenant, non seulement je blablate sur le net, mais je blablate aussi dans la bible des Français de Londres, à savoir Ici Londres!

Etant donné que je raconte littéralement notre vie en long, en large, et en travers sur ce blog, il m’a fallu trouver un sujet d’avant guerre, j’entends un sujet d’avant lancement de blog. Quoi de plus approprié que la recherche de la nounou parfaite? J’avoue, j’avais également une version longue, mais 1700 signes c’est 1700 signes! Et ce que je préfère c’est l’illustration de Lili Bé, allez voir son blog, ca vaut vraiment le détour!

Voilà donc l’article (normalement si vous cliquez dessus il devrait être lisible, sinon je l’ai copié juste en-dessous), à ce jour mini miss blabla va toujours chez sa Super Nounou et si un CDI pouvait se confirmer rapidement, on resignera pour une 2nde année…

A la recherche de Mary Poppins

Autant être honnête, on vit parfois de véritables parcours du combattant a Londres.

Comme par exemple trouver un mode de garde pour un mini format de 18 mois.

Une fois qu’on a mis de cote la day nursery qui n’accepte que les enfants a partir de 2 ans, celle au milieu d’un chantier de station de métro en construction, celle qui vous assure que la waiting list ne devrait pas excéder un an et celle qui coute £450 la semaine (il semblerait que le cuisto va pêcher son saumon frais tous les matins), vous vous tournez vers les childminders. Et vous trouvez une perle, presque pas chère – enfin, moins chère que la day nursery-des-saumons-frais. Qui vous explique que le processus de validation comprend 4 entretiens avec enfant, mari et si possible grands-parents, suivis de quelques semaines de réflexion avec elle-même avant le verdict.      

Alors quand Mary Poppins vous dit oui, vous sabrez le champagne en pensant que le plus dur est fait.

Sauf qu’il faut maintenant trouver l’école, malheureuse ! Mais pas une publique, vu qu’il faut habiter en face de l’école pour avoir une chance d’y rentrer (des histoires horribles circulent  à propos de jumeaux séparés pour cause de manque de place dans une classe). Et pas une privée non plus, vu que vous êtes moyennement enchantée à l’idée de payer le prix d’une école de commerce pour l’équivalent d’une petite section de maternelle. Sans parler des écoles qui seraient « ravies d’inscrire votre fille pour la rentrée de Septembre 2013 » (comprenez : test de grossesse positif = inscription a l’école).

Bon, on fait quoi alors ? Eh bien c’est simple, on achète une très grosse boite de chocolats et on soudoie Mary Poppins pour qu’elle accepte votre fille une année de plus. Trop facile.

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Vis ma vie d’interviewée

Je vous disais donc que je passais des tas d’entretiens, et je commence à en avoir marre. Marre de jongler avec un pseudo boulot CDD en cours, des aller-retour dans des banlieues inconnues, des sourires polis à des dames d’accueil pas aimables et des dissections approfondies de mon CV que je commence à connaître par cœur.

Prenons un exemple. Un entretien à 9h, il y a quelques jours. Attention, c’est limite Die Hard que je vais vous raconter : au début, je suis fraîche et propre sur moi, à la fin, on dirait que je viens de passer le concours d’entrée dans le GIGN. La cagoule et le flingue en moins.

Ok, la journée ne s’annonçait pas de tout repos : la banlieue en question était assez lointaine et je ne pouvais pas envisager de passer le reste de la journée chez moi pour cause de grosse journée de boulot précédant une grosse présentation. Et glaçage sur le gâteau : déménagement dans un nouveau building prévu le surlendemain, ce qui signifiait que nous devions vider tous les placards et préparer nos cartons de déménagement pour le soir même.

Au début, même pas peur. Mes calculs rapides estiment une arrivée au bureau vers 11h (détail de mon plan infaillible : entretien à 9h, fini vers 10h15, puis 1 heure grand max pour retourner au boulot  – c’est Journey planner qui le dit et Journey Planner il a toujours raison).

Tout avait pourtant bien commencé, enfin, je croyais. A la sortie du métro, là où je devais prendre mon bus H26, je vois arriver une navette qui va exactement dans la zone industrielle où je vais. Cool! Erreur fatale, erreur fatale. Journey Planner n’a pas dit « Prends la navette », il a dit « Prends le H26 ». Je n’écoute pas Jiminy Cricket/Journey Planner et je pars à l’assaut de la banlieue, bien contente dans ma petite navette.

8h55 : sourire à une porte de prison qui m’indique le chemin de la salle d’attente (un entretien ça commence toujours comme un RV chez le dentiste. A part qu’il y a pas Voici sur la table basse, mais le rapport annuel de l’entreprise, ce qui est beaucoup moins rigolo).

9h : c’est parti. Bla bla bla. Et patati, et patata. Et mon CV, mon expérience, mes défauts mes qualités. Et on me fait réagir sur 2 pubs, puis un pack, puis une gamme de produits. Et on parle du poste. Et on parle de la marque. Et on parle de la boite. Et on parle du processus de recrutement. Bon ben voila, ça va aller peut-être maintenant?

12h (intervieweuse qui regarde sa montre) : Oh, il est midi, ca va aller ?

J’analyse l’information « Il est midi ». Ah non, impossible, il ne peut PAS être midi.

Il est midi, merdeuuuuuuu !

Groumpf oui oui bien sûr merci pour votre temps à bientôt on s’appelle on se tient au courant. Je me casse, j’ai un boulot, moi, même si j’en cherche un autre.

12h03 : je fais le point avec moi-même, mon plan infaillible a des airs de Titanic, je fais le deuil de mon arrivée au bureau à 11h (par la force des choses).

12h05 : je passe à l’action et m’enquiers de l’endroit où récupérer la navette. Juste en bas. Cool, heureusement que c’est juste en bas parce que je prends conscience que je suis dans une espèce de ville composée de gros buildings d’entreprises, pas de maisons, pas de gens normaux qui se baladent, et plein de rues sans nom de rue.  Le genre de truc qui ressemble a un gros rectangle tout gris sur mon plan de Londres (voir ci-dessus). Une sorte de trou noir, t’as pas intérêt d’y rentrer parce que tu sauras pas en sortir.

12h07 : bon, ben j’attends ma navette. Every 15 minutes, m’a dit la porte de prison dame de l’accueil.

12h10 : il est midi dix.

12h25 : il est midi 25, ça fait 15 minutes non ?

12h28 : j’ai faim. Et j’ai soif. J’ai parlé pendant 3 heures et j’ai rien bu, quelle idiote.

12h30 : il est midi 30. J’en ai maaaaaarre. Et en plus il s’est mis à pleuvoir. Mais je préfère rester sur la route pour bien voir arriver la navette qui ne devrait plus tarder. Personne ne passe, personne ne sort des buildings, personne n’y rentre. Je suis dans une ville fantôme.

12h40 : il est midi 40. Je deviens folle. Mais a moins de remonter au 3ème étage – au risque de louper ma précieuse navette qui va sûrement débouler dès que j’aurais le dos tourné – je ne peux poser de question à personne.

12h50 : un homme passe. Il est gros, mal rasé, il porte une veste d’éboueur et il fout vraiment la trouille mais il est mon sauveur. Il m’explique que je n’ai vraiment pas de bol, ça merci je m’en étais rendue compte, et il me montre comment on fait pour sortir de la matrice, enfin, de la zone industrielle (il fallait passer dans un espèce de passage étroit entre 2 buildings, puis prendre un petit chemin, passer une grille verte puis une haie, autant vous dire que ca s’invente pas).

12h55 : j’arrive à l’arrêt de bus du H26, soit exactement ce qu’avait prévu Journey Planner (mais plutôt vers 10h20). Pour finalement voir arriver la navette.

13h15 : la navette me fait visiter tout le sud-ouest de Londres, la banlieue de Heathrow et j’en passe. Ca tombe bien, je suis super large dans mon timing.

13h20 : je suis dans le métro, c’est le bonheur. Même si j’ai un peu de mal à me réjouir. Peut-etre parce qu’il me reste encore 8 stations et un bus avant de pouvoir allumer mon ordi.

13h35 : j’ai loupé mon bus, tant pis j’y vais a pied, je n’arrive même pas à envisager une autre attente de bus.

13h40 : quand même, il pleut. Je cours. Quand même, c’est pas pratique, avec des talons.

13h50 : j’arrive au bureau. Haletante, rouge, trempée de la tête aux pieds, sentant bon le chien mouillé, de la boue plein mes chaussures et le bas de mon pantalon.

Ensuite, je vais passer un peu plus rapidement, parce qu’on va y passer la nuit sinon, mais le reste de la journée valait également son pesant de cacahuètes : prise de tête sur la groooooossse présentation, vidage de placards remplis de vieilles pilules pour dormir qui se décomposaient tranquillement depuis le XXème siècle, triage de classeurs de factures de 1994-2008 et foutage a la benne de dizaines de boîtes de transparents collés entre eux, datant d’une lointaine époque pré-barco.

Autant vous dire que j’étais de fort bonne humeur en rentrant chez moi ce soir là.

Je précise que je retourne la semaine prochaine dans cette adorable et accueillante banlieue lointaine. Mais là j’ai changé de plan infaillible : j’ai prévenu que je bossais de la maison. Et maintenant je sais que la dame de l’accueil est une bitch mais je m’en fiche, parce je sais aussi où est caché l’arrêt du bus H26.

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Je suis fière de moi

Je suis bien fière de moi, et doublement même.

D’abord, j’ai réussi à me mettre correctement du vernis à ongles. J’avais ce rouge de dingue en réserve depuis 3 semaines au moins, impossible de trouver le temps de le mettre (c’est pas les 10 minutes de pose qui sont problématiques, c’est l’heure qui suit, où même quand le vernis est sec le moindre petit coup dessus engendre une catastrophe – et allez trouver 1h10 ces jours-ci, ma bonne dame, je vous ai dit que je passais des entretiens en veux-tu en voilà? eh bien figurez-vous que ça n’arrête pas, je m’y suis remise, parce qu’un CDD c’est bien sympa mais un CDI c’est quand même un peu mieux, avec la crise, et tout ça… vous suivez?)

Donc le vernis. Et en plus, presque 48h plus tard, toujours impec. Fière, je vous dit.

Mais alors, quand est-ce que j’ai trouvé le temps de le mettre, ce vernis, hein?

On arrive à la 2ème source de fierté. Vendredi soir, mini miss blabla couchée, je me dit que c’est le moment où jamais. Et quand je mets du vernis, je regarde la télé, ça ne réquisitionne pas trop les ongles, c’est mieux. Evidemment, je tombe direct sur le match FIFA Worldcup 2010 England/Algeria. Et bon… comment expliquer ça… toute la journée les gens du boulot en ont parlé, j’aurais l’air de quoi, moi, si LE sujet de conversation de lundi matin tourne autour du match?

Va pour le match. Sauf que je vais un peu m’embêter, non, à connaître personne sur le terrain (au moins, quand je regarde l’équipe de France jouer, il reste toujours 1 mec ou 2 de 1998, ok ça va pas bien loin mais c’est toujours ça). Ah mais si! (lueur d’espoir) – je connais Beckham! Ah ben non, le voilà sur le banc, en costume 3 pièces, cheveux coiffés-décoiffés-je-le-vaux-bien. Probablement trop vieux.

Merde. Je connais personne, ça le fait pas.

Mais si!

Lui, là!

Je le connais! MAIS OUI JE LE CONNAIS! C’est lui! C’est le salaud! Le sale type qui a trompé Cheryl Cole, la chanteuse chouchoute des Anglais. Dévastée, elle était. Même qu’ils étaient mariés, et qu’elle a demandé le divorce et toute l’Angleterre était trop triste. Et maintenant, elle essaye de reconstruire sa vie. Ashely-Cole-le-salaud. Il est là, sur le terrain. Je connais un joueur de l’équipe d’Angleterre, moi, une fille qui s’en fout du foot.

Heureusement que la presse people existe, et heureusement que je la lis. Quelle culture générale ça apporte, mine de rien…

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Do you smart desk?

Déjà que j’étais moyennement motivée par mes pilules pour dormir ces dernières semaines, il a fallu qu’ils en remettent une couche.

Le 4 juin, non seulement on a déménagé – ça fait 3 mois qu’ils nous pourrissent nos boîtes mails avec des messages qui disent en substance « N’hésitez pas à jeter le maximum! », « C’est le moment de trier vos affaires! », « J-10 avant le déménagement, how exciting! » « Bye bye BS3, hello CS5! » (oui, les buildings ont des noms sympathiques, je sais) – mais en plus, on est passé au smart desk.

Smart -> intelligent

Desk -> bureau.

Soit exactement le contraire de ce que ça veut dire au quotidien. Moi j’aurais appelé ça boring desk, ou complicated desk.

Je vous explique le concept: avant, le soir, vous fermiez votre cahier, vous éteigniez votre ordinateur (ou pas, moi j’adore arriver le matin, secouer un peu ma souris et retrouver mes fichiers de la veille exactement comme je les ai laissés, en 2 secondes je suis opérationnelle), et hop, vous sautiez dans votre voiture/ un bus/ le métro.

Mais c’est fini tout ça car maintenant, moi, je smart desk. Imaginez un immense open space, genre open de chez open, y’a même plus les petites cloisons qui font qu’on ne voit pas le visage de son voisin de devant, et qui étaient bien pratiques pour scotcher les calendrier de l’année, ou les photos des enfants, ou les Happy Birthday cards. Donc plus de cloisons. Imaginez plein de très grands bureaux, un peu comme des cuisines ilôt de chez Ikea, et sur chaque cuisine ilôt, 6 écrans, et 6 téléphones.

Et c’est tout. Ah non, il y a plein de câbles aussi. Et des fauteuils, parce qu’on travaille pas debout non plus.

Sinon, il n’y a pas de clavier, pas de souris, pas de pot à crayons. Pas de tiroirs, pas de trucs en plastique pour ranger les dossiers. Pas de bloc de post-it, pas de trombones, pas d’agrafeuses.

Ah, et j’oubliais la base du concept de smart desk: le matin, chacun s’assied où il veut. Donc pas la peine de laisser un truc traîner le soir, parce que vous ne serez pas au même bureau le lendemain.

Donc je résume ma nouvelle vie:

1/ c’est le matin, j’arrive, j’essaye de trouver un bureau vide à côté de quelqu’un que je connais pour éviter de passer une journée à côté de parfaits inconnus (je rappelle que les gens ne se parlent pas ici, vu que chacun fait sa pause café/ pause chips/ pause déj avec son ordi).

2/ après 10 minutes je m’installe où je peux, je pose mon sac à main pour marquer mon territoire.

3/ je vais à mon casier (ça fait très Années Collège, le bureau, depuis la semaine dernière), je prends mon portable, mon clavier, ma souris, mon cahier, mon bic.

4/ je branche à mon ordi portable l’écran, le clavier, la souris, le réseau.

5/ j’allume mon ordi.

6/ je retourne à mon casier pour retrouver le post-il avec les 12 codes PIN qui me permettent de me connecter à mon téléphone (qui sinon ne marche pas).

7/ je peux commencer à travailler. Je suis arrivée il y a 1/2h.

Et sinon, dans la journée, je re-perds environ 3 heures à chercher des gens (vous savez, ceux qui ne décrochent pas leur téléphone, et qu’il faut aller voir pour faire avancer le business). Parfois, ma main se déplace inconsciemment vers la droite de ma jambe pour ouvrir un tiroir invisible. Et le soir, je re-perds 10 minutes à tout débrancher, à me déconnecter de mon téléphone, etc.

Je précise que c’est le même tarif pour tout le monde – les 2 directeurs marketing sont en mode smart desk maintenant. Et le directeur financier aussi, je pense que c’est probablement celui qui est le moins enthousiaste sur cette débilité de smart desk (avec moi, donc).

Je précise qu’ils ont payé plein de consultants à prix d’or pour en arriver là? Non, je précise pas, c’est pas la peine, ça va m’énerver encore plus.

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